Faculté de droit Amiens : engagement envers la diversité et l’inclusion

La faculté de droit d’Amiens, rattachée à l’Université de Picardie Jules Verne, s’est positionnée ces dernières années comme un acteur engagé dans la promotion de la diversité et de l’inclusion au sein de l’enseignement supérieur juridique. Dans un secteur longtemps perçu comme homogène sur le plan social et culturel, cette volonté de transformation mérite une attention particulière. Depuis 2023, de nouvelles initiatives ont été lancées pour rendre les études de droit accessibles à tous les profils, quelles que soient les origines sociales, culturelles ou les situations de handicap. Cet engagement ne se limite pas à des déclarations d’intention : il se traduit par des mesures concrètes, des partenariats structurés et une réorganisation progressive des pratiques pédagogiques.

Ce que signifient réellement diversité et inclusion dans un cadre universitaire

Avant d’examiner les actions menées, il faut clarifier deux notions souvent confondues. La diversité désigne la présence de différences au sein d’un groupe — en termes de genre, d’origine culturelle, d’âge, de situation socio-économique ou de capacités. L’inclusion, elle, va plus loin : c’est l’ensemble des pratiques qui visent à garantir que toutes les personnes, indépendamment de leurs différences, se sentent acceptées, valorisées et capables de participer pleinement à la vie collective.

Dans le contexte d’une faculté de droit, ces deux dimensions prennent un relief particulier. Le droit forme ceux qui demain seront avocats, magistrats, notaires, juristes d’entreprise. Si la profession reste socialement peu diverse, c’est en partie parce que les études elles-mêmes ne le sont pas assez. Ouvrir réellement les portes des amphithéâtres à des publics variés, c’est aussi préparer une profession juridique plus représentative de la société qu’elle est censée servir.

La distinction entre ces deux concepts n’est pas seulement théorique. Une université peut afficher une diversité statistique sans pratiquer l’inclusion : des étudiants issus de milieux défavorisés peuvent être présents sans jamais se sentir légitimes, accompagnés ou valorisés. L’enjeu est précisément de construire un environnement où la réussite ne dépend pas du capital culturel familial, mais des compétences et de la motivation de chaque étudiant.

L’engagement de la faculté de droit d’Amiens en faveur d’une formation accessible à tous

La faculté de droit d’Amiens a structuré son engagement autour d’une conviction claire : l’excellence académique et l’ouverture sociale ne s’opposent pas. Cette posture se traduit d’abord par une politique d’admission attentive aux profils atypiques, notamment dans le cadre de Parcoursup, où des critères d’examen des dossiers intègrent la prise en compte des contextes scolaires et géographiques des candidats.

La parité femmes-hommes constitue un premier indicateur positif. Environ 50 % des étudiants des promotions sont des femmes, ce qui place la faculté dans la moyenne nationale des formations juridiques. Mais la parité de genre, si elle est nécessaire, ne suffit pas à définir une politique d’inclusion complète. D’autres axes sont travaillés avec une attention croissante.

Les étudiants en situation de handicap bénéficient d’aménagements spécifiques : tiers-temps aux examens, supports de cours adaptés, accompagnement personnalisé par le service dédié de l’Université de Picardie Jules Verne. Ces dispositifs, encadrés par la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, sont appliqués avec rigueur. Le suivi individualisé permet d’éviter que les aménagements restent purement formels.

Sur le plan social, des bourses et des aides spécifiques viennent compléter les dispositifs nationaux du CROUS. L’accès à des ressources pédagogiques numériques gratuites, la mise à disposition de matériel informatique et un accompagnement dans la recherche de logement participent à réduire les inégalités matérielles qui freinent souvent les étudiants les plus précaires.

Les actions concrètes pour l’inclusion au quotidien

Au-delà des dispositifs institutionnels, c’est dans le quotidien pédagogique que l’inclusion se construit. La faculté de droit d’Amiens a déployé plusieurs initiatives depuis 2023 pour ancrer ces valeurs dans les pratiques réelles d’enseignement et de vie étudiante.

  • Tutorat entre pairs : des étudiants avancés accompagnent les nouveaux arrivants, notamment ceux issus de milieux sans tradition universitaire, pour faciliter l’intégration académique et sociale.
  • Ateliers de remédiation : des séances spécifiques permettent aux étudiants en difficulté de renforcer leurs bases en méthodologie juridique, sans stigmatisation.
  • Sensibilisation aux discriminations : des modules de formation intégrés aux cursus abordent les questions de droit à l’égalité, de lutte contre les discriminations et de droits fondamentaux, ancrant ainsi les valeurs d’inclusion dans la formation juridique elle-même.
  • Accessibilité numérique : les cours magistraux sont progressivement enregistrés et mis à disposition en ligne, ce qui bénéficie aux étudiants salariés, aux parents d’enfants en bas âge, et à ceux qui rencontrent des problèmes de mobilité.

L’Association des étudiants en droit d’Amiens joue un rôle actif dans cette dynamique. Elle organise des événements d’intégration inclusifs, des permanences d’aide administrative et des actions de sensibilisation sur les droits des étudiants. Cette mobilisation étudiante est un levier que la faculté a su encourager, en lui donnant des moyens et une visibilité institutionnelle.

La formation des enseignants-chercheurs à la pédagogie inclusive mérite d’être soulignée. Des sessions de sensibilisation permettent aux membres du corps enseignant de prendre conscience des biais inconscients dans l’évaluation, et d’adapter leurs pratiques pour ne pas reproduire des inégalités structurelles. C’est un chantier long, mais décisif.

Ce que disent les chiffres sur la réalité de la diversité

Les données disponibles sur la diversité sociale à la faculté d’Amiens dessinent un tableau contrasté. Environ 10 % des étudiants seraient issus de milieux défavorisés, un chiffre qui reste faible au regard de la composition sociale de la population amiénoise et picarde. Cette proportion, à prendre avec précaution car les définitions et modes de calcul varient selon les sources, indique que des progrès restent à accomplir.

La région des Hauts-de-France présente un taux de pauvreté parmi les plus élevés de France métropolitaine. Dans ce contexte, une faculté de droit qui ne parvient à accueillir qu’une faible proportion d’étudiants issus de ces milieux rate une partie de sa mission sociale. Ce constat n’est pas propre à Amiens : il touche l’ensemble des filières juridiques françaises, mais il donne une mesure de l’ampleur du travail à accomplir.

La diversité géographique des étudiants constitue un autre indicateur pertinent. Une part significative des inscrits vient de villes moyennes et de zones rurales de la région, ce qui suppose des besoins spécifiques en termes de logement et de mobilité. La faculté a développé des partenariats avec des structures locales pour faciliter l’installation des étudiants venant de loin.

Sur la diversité culturelle et internationale, des étudiants étrangers, notamment issus de pays francophones d’Afrique, rejoignent chaque année les promotions. Leur intégration dans la vie académique et sociale reste un défi, que la faculté aborde par des dispositifs d’accueil renforcés et un accompagnement linguistique quand nécessaire.

Partenariats et collaborations pour ancrer l’inclusion dans la durée

Aucune politique d’inclusion ne peut reposer sur les seuls efforts internes d’une faculté. La faculté de droit d’Amiens s’appuie sur un réseau de partenaires pour démultiplier ses actions et leur donner une portée durable.

Le Ministère de l’Éducation nationale et ses politiques d’égalité des chances fournissent un cadre national dans lequel s’inscrivent les initiatives locales. Les dispositifs comme les cordées de la réussite — qui établissent des liens entre établissements d’enseignement supérieur et lycées de l’éducation prioritaire — sont activement mobilisés. Des lycéens amiénois bénéficient ainsi de visites de la faculté, de rencontres avec des étudiants et d’ateliers de découverte des métiers du droit, bien avant leur orientation post-bac.

Des partenariats avec des barreaux locaux et des cabinets juridiques régionaux permettent d’offrir des stages à des étudiants qui n’auraient pas spontanément accès à ces réseaux professionnels. Ces expériences de terrain sont déterminantes pour la suite des parcours, et leur ouverture à des profils diversifiés change progressivement la sociologie des jeunes professionnels du droit en Picardie.

La coopération avec des associations locales de lutte contre les discriminations et d’aide aux personnes en situation de précarité ouvre la faculté sur son territoire. Des cliniques juridiques, où des étudiants encadrés par des enseignants apportent une aide juridique gratuite à des populations vulnérables, remplissent une double fonction : former des juristes sensibles aux réalités sociales, et rendre le droit accessible à ceux qui en ont le plus besoin.

Ces collaborations ne sont pas des opérations de communication. Elles modifient en profondeur la culture de la faculté, en faisant de la responsabilité sociale une dimension réelle de la formation juridique. Pour toute question relative à des droits individuels ou à des situations personnelles complexes, il reste indispensable de consulter un professionnel du droit qualifié, seul habilité à délivrer un conseil personnalisé.

Vers une faculté miroir de la société qu’elle forme à servir

L’ambition qui se dessine à travers ces initiatives est claire : faire de la faculté de droit d’Amiens un lieu où le mérite n’est pas conditionné par l’origine sociale, culturelle ou géographique. C’est une transformation profonde, qui demande du temps et une volonté institutionnelle constante.

Les professions juridiques ont besoin de juristes capables de comprendre des réalités sociales variées. Un avocat qui a lui-même connu la précarité, un magistrat sensibilisé aux discriminations systémiques, une juriste d’entreprise formée à la diversité culturelle : ces profils enrichissent la pratique du droit. La faculté d’Amiens, en diversifiant son recrutement et ses pratiques pédagogiques, contribue à former cette génération de juristes.

Les résultats sont encore partiels, les chiffres encore insuffisants sur certains indicateurs. Mais la direction est tracée, les outils sont en place, et les partenariats se consolident. La diversité et l’inclusion ne sont pas des objectifs accessoires dans la formation juridique : elles en sont une exigence démocratique.